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Dance as TextIdeologies of the Baroque Body$

Mark Franko

Print publication date: 2015

Print ISBN-13: 9780199794010

Published to Oxford Scholarship Online: August 2015

DOI: 10.1093/acprof:oso/9780199794010.001.0001

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(p.165) appendix three Original Text and Translation of Lettres Patentes (1662)

(p.165) appendix three Original Text and Translation of Lettres Patentes (1662)

Source:
Dance as Text
Publisher:
Oxford University Press

Lettres patentes du roy, pour l’establissement de l’Academic royale de danse en la ville de Paris. Verifiées en Parlement le 30 mars 1662

LOUIS PAR LA GRACE DE DIEU ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE, A tous presens & à venir, Salut. Bien que l’Art de la Danse ait toûjours esté reconnu l’un des plus honnestes & plus necessaires à former le corps, & luy donner les premieres & plus naturelles dispositions à toute sorte d’exercices, & entre autres à ceux des armes; & par consequent l’un des plus avantageux & plus utiles à nostre Noblesse, & autres qui ont l’honneur de nous approcher, non seulement en temps de guerre dans nos armées, mais mesme en temps de paix dans le divertissement de nos Ballets: Neanmoins il s’est pendant les desordres & la confusion des dernieres guerres, introduit dans ledit Art, comme en tous les autres, un si grand nombre d’abus capables de les porter a leur ruïne irreparable, que plusieurs personnes pour ignorans & inhabiles qu’ils ayent esté en cet Art de la Danse, se sont ingerez de la monstrer publiquement; en sorte qu’il y a lieu de s’étonner que le petit nombre de ceux qui se sont trouvez capables de l’enseigner ayent par leur étude & par leur application si longtemps resisté aux essentiels defauts dont le nombre infiny des ignorans ont tâché de la défigurer & de la corrompre en la personne de la plus grande partie des Gens de qualité: Ce qui fait que nous en voyons peu dans nostre Cour & suite, capables & en estat d’entrer dans nos Ballets, & autres semblables divertissemens de Danse, quelque dessein que nous en eussions de les y appeller. A quoy estant necessaire de pourvoir, & desirans rétablir (p.166) ledit Art dans sa premiere perfection, & l’augmenter autant que faire se pourra: Nous avons jugé à propos d’établir en nostre bonne ville de Paris, une Academie Royale de Danse, à l’exemple de celles de Peinture & Sculpture, composée de treize des Anciens & plus experimentez au fait dudit Art, pour faire par eux en tel lieu & maison qu’ils voudront choisir dans ladite ville, l’exercice de toute sorte de Danse suivant les Statuts & reglemens que nous en avons fait dresser en nombre de douze principaux articles. A CES CAUSES, & autres bonnes considerations à ce nous mouvans, nous avons par ces presentes signées de nostre main, & de nostre pleine puissance & autorité Royale, dit, statué & ordonné, disons, statuons, & ordonnons, voulons & nous plaist, qu’il soit incessamment étably en nostre dit ville de Paris, une Academie Royale de Danse, que nous avons composée de treize des plus experimentez dudit Art, & dont l’adresse & la capacité nous est connüe par l’experience que nous en avons souvent faite dans nos Ballets, où nous leur avons fait l’honneur de les appeller depuis quelques années, sçavoir de François Galland sieur du Desert, Maistre ordinaire à Danser de la Reine nostre tres-chere Epouse, Jean Renauld Maître ordinaire à Danser de notre tres-cher & unique Frere le Duc d’Orleans, Thomas le Vacher, Hilaire d’Olivet, Jean & Guillaume Reynal, freres, Guillaume Queru, Nicolas de l’Orge, Jean François Piquet, Jean Grigny, Florent Galland Desert, & Guillaume Renauld; lesquels s’assembleront une fois le mois, dans tel lieu ou maison qui sera par eux choisie & prise à frais communs pour y conferer entre eux du fait de la Danse, aviser & deliberer sur les moyens de la perfectionner, & corriger les abus & defauts qui y peuvent avoir esté ou estre cy-aprés introduits; tenir & regir ladite Academie suivant & conformément ausdits Statuts & Reglemens cy-attachez sous le contreseel de nostre Chancellerie: lesquels nous voulons estre gardez & observez selon leur forme & teneur: Faisant tres-expresses défenses à toutes personnes de quelque qualité qu’ils soient, d’y contrevenir aux peines y contenuës, & de plus grande s’il y écheoit. Voulons que les susnommez & autres qui composeront ladite Academie, jouissent à l’instar de ladite Academie de Peinture & Sculpture, du droit de Committimus, de toutes leurs causes personnelles, possessoires, hypotequaires ou mixtes, tant en demandant que defendant par devant les Maistres des Requêtes ordinaires de nostre Hôtel, ou aux Requestes du Palais à Paris, à leur choix, tout ainsi qu’en joüissent les Officiers commenseaux de nostre Maison, & décharge de toutes Tailles & Curatelles, ensemble de tout Guet & Garde. Voulons que le dit Art de Danse soit & demeure pour toûjours exemt de toutes Lettres de Maîtrise, & si par surpise ou autrement en quelque maniere que ce soit, il en avoit esté ou estoit cy-aprés expedié aucune; Nous les avons dés à present revoquées, déclarées nulles & de nul effet; faisant tres-expresses défenses à ceux qui les auront obtenuës de s’en servir à peine de quinze cens livres d’amende, & autant de dommages & interests, applicable à ladite Academie. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos Amez & Feaux les Gens tenans nostre Cour de Parlement de Paris, que ces presentes ils ayent à faire lire, publier & registrer, & du contenu en icelles, faire jouïr & user ledit Desert, (p.167) Renauld & autres de ladite Academie Royale, cessant & faisant cesser tous troubles & empeschemens contraires: CAR TEL EST NOSTRE PLAISIR. Et afin que ce soit chose ferme & stable à toûjours, nous avons fit mettre nostre seel à ces dites presentes, sauf en autres choses nostre droit, & l’autruy en toutes. DONNÉ à Paris au mois de Mars, l’an de grace 1661 & de nostre regne le 19. Signé LOUYS, & sur le reply par le Roy, DE GUENEGAUD, pour servir aux Lettres pour l’etablissement d’une Academie Royale de Danse.

Visa, SEGUIER

Registrées, ouï, à ce consentant le Procureur General du Roy, pour jouïr par les impetrans de l’effet & contenu en icelles, aux charges portées par l’Arrest de Verification de ce jour, à Paris en Parlement le 30 Mars 1662. DU TILLET.

STATUTS QUE SA MAJESTE VEUT & ENTEND ESTRE OBSERVEZ EN L’ACADEMIE ROYALE DE DANSE, QU’ELLE DESIRE ESTRE ESTABLIE EN LA VILLE & FAUBOURGS DE PARIS, A L’INSTAR DE CELLES DE PEINTURE & SCULPTURE

PREMIEREMENT, ladite Academie sera composée des plus anciens & plus experimentez Maistres à Danser, & plus experts au fait de la Danse, au nombre de treize, scavoir de François Galland Sieur du Desert, Maistre ordinaire à Danser de la Reine, Jean Renauld Maistre à Danser de Monsieur Frere du Roy, Thomas le Vacher, Hilaire d’Olivet, Guillaume Queru, Jean & Guillaume Reynal, Nicolas de l’Orge, Jean François Piquet, Jean Grigny, Florent Galland Desert, & Guillaume Renauld.

II

Lesdits treize Anciens s’assembleront une fois le mois au lieu ou maison qui sera à cet effet par eux choisie, & prise à frais communs, pour conferer entre eux du fait de Danse, aviser & deliberer sur les moyens de la perfectionner, & corriger les abus qui y peuvent avoit esté ou pourroient estre introduits.

III

Il sera fait choix entre lesdits Anciens de deux d’entre eux, pour à tour de roolle se trouver le Samedy de chaque Semaine pour y recevoir ceux des autres Maistres à Danser, ou autres qui se voudront entremettre d’enseigner la Danse, & les instruire touchant la maniere de Danser, & monstrer tant les anciennes que nouvelles Danses, qui auront esté ou seront inventées par lesdits treize Anciens; en sorte que ceux qui s’en voudront instruire, se puissent rendre plus capables de monstrer & éviter les abus & les mauvaises habitudes qu’ils pourroient pour ce avoir contractées.

(p.168) IV

Toute sorte de personnes de quelque qualité & condition qu’ils soient, Maistres, fils de Maistres & autres, auront entrée dans ladite salle, & seront receus à s’instruire des choses susdites, & les apprendre de la bouche & par les enseignemens qui seront donnez par lesdits Anciens aux autres Maistres dudit Art.

V

Pourront aussi les autres Anciens desdits treize se trouver dans ledit lieu ou salle, avec lesdits Deputez, ledit jour, pour y donner leur avis sur les choses qui s’y presenteront, & les instructions & enseignemens qui leur seront demandez touchant lesdites Danses, quoy qu’ils ne soient pas de service & de semaine en ladite Academie.

VI

Les autres Maistres enseignans la Danse dans la dite village & fauxbourgs de Paris, pourront aspirer à estre du nombre desdits Anciens & Academistes, & estre receus & admis en ladite Academie, en cas qu’ils en soient jugez dignes & capables par lesdits Anciens à la pluralité des voix. Aprés que lesdits aspirans auront en la presence desdits Anciens, au jour qui sera par eux à cet effet assigné, fait exercice de toute sorte de Danses tant anciennes que nouvelles, & mesme des pas de Ballet, en payant par lesdits aspirans la somme de cent cinquante livres pour les fils de Maistres, & trois cens livres pour les autres, lesdites sommes applicables aux ornemens, frais & dépenses communes de ladite Academie.

VII

Tous ceux qui voudront faire profession de Danse en ladite ville & faux-bourgs, seront tenus de faire enregistrer leurs noms & demeures, sur un registre qui sera à cet effet tenu par lesdits Anciens, à peine par eux de demeurer décheus des privileges de ladite Academie, & de la faculté d’estre jamais admis dans le nombre desdits Anciens & Academistes.

VIII

Ceux desdits Anciens & autres faisans profession de la Danse, qui auront fait ou voudront faire inventer & composer quelque Danse nouvelle, ne la pourront monstrer, qu’elle n’ait este préablablement veuë & examinée par lesdits Anciens, & par eux approuvée à la pluralité des voix, eux à cet effet assemblez aux jours à ce destinez.

IX

Les deliberations qui seront prises concernant le fait de la Danse, par lesdits Anciens assemblez comme dessus, seront executées selon leur forme & teneur, tant par lesdits (p.169) Anciens que par les autres faisans profession de la Danse & aspirans à ladite Academie, aux peines cy-dessus, & de cent cinquante livres d’amende contre chacun des contrevenans.

X

Pourront lesdits Anciens Academistes, & leurs enfans, monstrer & enseigner en cette ville & faubourgs de Paris, & ailleurs en l’étenduë du Royaume, toute sorte de Danses, sans qu’ils puissent estre, pour quelque cause ou prétexte que ce soit, obligez, necessitez ou contraints, de prendre à cause de ce aucunes Lettres de Maistrise, ny autre pouvoir que celuy qui leur sera pour ce donné par ladite Academie, en la maniere & dans les formes cy-dessus.

XI

Le Roy ayant besoin de personnes capables d’entrer & Danser dans les Ballets & autre divertissemens de cette qualité, sa Majesté faisant l’honneur à ladite Academie de l’en faire avertir, lesdits Anciens sont tenus de luy en fournir incessamment d’entre eux ou autres tel nombre qu’il plaira à sa Majesté d’ordonner.

XII

Les affaires communes de ladite Academie seront poursuivies, soustenües & défendües par lesdits Academistes, à frais communs dont le fond sera regalé & fait entre eux, ainsi qu’il sera à cet effet par eux avisé à la pluralité des voix, eux à cet effet assemblez en la maniere cy-dessus.

Enregistrement

Registrez, ouï, & ce consentant le Procureur General du Roy, pour estre executez selon leur forme & teneur, suivant l’Arrest de Verification de ce jour, à Paris en Parlement le 30 mars 1662. DU TILLET.

DELIBERATION DE L’ACADEMIE ROYALE DE DANSE, CONTENANT LA RECEPTION DU SIEUR BERNARD DE MANTHE, EN LA PLACE DU FEU SIEUR LE VACHER, & LE REGLEMENT DES RANGS ET SEANCES DES ACADEMISTES, DU 16 AVRIL 1662

Assemblez en Academie les Sieurs François Galand sieur du Desert, Maître à Danser de la Reine, Jean Renauld Maistre à Danser du Roy, en survivance de Monsieur Prevost, & Maistre à Danser de Monsieur, Frere du Roy, Guillaume Queru, Hilaire d’Olivet, Bernard de Manthe, Jean Reynal, Nicolas de l’Orge, Guillaume Renauld, Jean Piquet, Florent Galand du Desert, Jean de Grigny & Guillaume Reynal, Maistre à Danser de Monseigneur le Dauphin.

(p.170) Par le Sieur du Desert a esté represente que le Sieur le Vacher cy-devant nommé par le Roy, pour remplir l’une des places de l’Academie, estant mort, & estant necessaire de faire choix d’une personne capable pour mettre en son lieu, sous le bon plaisir de sa Majesté; il croit que la compagnie ne pourroit faire un meilleur choix que celuy du Sieur Bernard de Manthe, qui a le service & les qualitez requises pour cela, & a prié la compagnie d’y déliberer.

SURQUOY, ledit Sieur de Manthe estant sorty, il a esté resolu d’une commune voix qu’il seroit receu, & à l’instant estant rentré, il a presté le serment en tel cas requis, d’observer les Statuts & ordres de l’Academie, & a pris sa place.

Et ayant aussi esté proposé de regler les rangs des Academistes, afin qu’il n’arrive jamais aucune contestation entre eux, & qu’ils puissent conserver l’union & l’intelligence qui y est si necessaire, pour faire subsister & fleurir leur Academie; Il a esté resolu qu’en tous Actes & Assemblées generales & particulieres, Contrats & Déliberations, lesdits Academistes seront rangez suivant que leur noms, sont écrits en la presente Déliberation, sans que cet ordre puisse à l’avenir estre interrompu pour quelque cause & occasion que ce soit, & à la charge que ceux qui y seront cy-aprés receus, n’y pourront prétendre aucun rang que par l’ordre de leur reception.

Arrest du Parlement de Paris, qui démet les Maistres Violons, de l’opposition par eux formée à l’enregistrement des Lettres d’établissement de l’Academie de Danse.

EXTRAICT DES REGISTRES DE PARLEMENT

Entre Guillaume Dumanoir, Violon ordinaire du Roy, & consorts, demandeurs aux fins de deux Requestes presentées à la Cour, les premier & quatre Avril dernier; la premiere tendante à ce qu’ils fussent receus opposans à l’enregistrement des Lettres de Maistrise à Danser & établissement d’Academie pour la Danse, obtenuës par les défendeurs, cy-aprés nommez; ensemble de l’Arrest de Verification d’icelles, si aucun y a, que sur l’opposition les parties auroient audience au premier jour: Cependant défenses ausdits défendeurs & tous autres, de contrevenir audites Statuts, ny de s’immiscer en l’Art & Maistrise de la Danse, ny tenir aucune Academie, ny joüer d’instrumens, sinon aux conditions des Statuts desdits demandeurs, sur les peines portées de rupture de leurs instrumens & de prison: & la seconde à ce que la premiere fust enterinée, qu’ils fussent receus opposans à l’execution de l’Arrest du 30. Mars dernier. Faisant droit sur ladite opposition, que défenses diffinitives fussent faites ausdits défendeurs, de s’immiscer en ladite Academie à Danser; ordonner que les Statuts & Arrests d’enregistrement des joüeurs d’instrumens, seroient executez selon leur forme & teneur, défenses d’y contrevenir, d’une part: François Galland Sieur du Desert, Jean Renauld, Jean & Guillaume Reynal, Jean & François Piquet & consorts, Maistres és exercices de la Danse, Défendeurs d’autre, sans que les qualitez puissent (p.171) prejudicier. Aprés que Isalis, pour lesdits Galand & consorts, a demandé la reception de l’appointement, en presence de Ravier Avocat des Demandeurs: Ouï Bignon pour le Procureur General du Roy, LA COUR ordonne que l’appointement sera receu: ce faisant sur les requestes & opposition desdits Dumanoir & consorts, a mis & met les parties hors de Cour & de procés, fait en Parlement le 30. jour d’Aoust 1662. DU TILLET.

Collationné aux Originaux, par moy Conseilleur Secretaire du Roy, Maison & Couronne de France & de ses Finances.

ESTABLISSEMENT DE L’ACADEMIE ROYALE DE DANSE EN LA VILLE DE PARIS AVEC UN DISCOURS Academique, pour prouver que la Danse dans sa plus noble partie n’a pas besoin des instumens de Musique, & qu’elle est en tout absolument indépendente du Violon.

Il estoit difficile de s’imaginer que la Danse & les instrumens qui avoient vécu en bonne intelligence depuis plusieurs siecles, se pûssent broüiller dans le nôtre, où l’une & les autres sont en leur perfection; On avoit crû que leur societé avoit esté formée sur celle de l’harmonie & du mouvement des cieux, et qu’elle devoit durer autant que le monde; Aussi la Danse proteste qu’elle n’a rien contribué à leur discord, qu’elle a esté toûjours promte à suivre leurs mouvemens, tandis qu’ils on bien voulu s’accommoder aux siens, & conserver cette égalité qui fait & qui maintient les societez: Mais lors que le Violon enflé d’orgeuil de se voir introduit dans le cabinet du plus grand des Rois, & de se voir favorablement écouté dans tous ses divertissemens, a voulu se donner une superiorité inouïe, & que le Luth, ny pas un des autres instrumens, n’avoit jamais prétendu sur la Danse; Elle a crû devoir s’opposer à cette nouveauté, & faire connoistre son independance de la Musique: A quoy elle a si bien reüssi, que le Roy a qui la Providence a donné, avec mille autres qualitez Royales, un discernement admirable, a trouvé juste de faire une Academie de Danse, où il n’entre aucune chose de la Musique ny des instrumens, afin de faire voir qu’encore que la Danse & le Violon se soient joints en mille rencontres pour son divertissement, ils n’ont pas fondu l’un dans l’autre, & qu’il n’y a nulle raison de les confondre.

Et quoy que le jugement du plus éclairé & du plus absolu de tous les Rois, deust suffire à la Danse pour luy faire croire que toutes les personnes raisonnables la considereront à l’avenir comme indépendante des instrumens de Musique, & comme un corps qui peut facilement subsister sans estre animé par leur harmonie; Elle a bien voulu justifier cette verité par ce petit discours pour la satisfaction de sa Majesté-mesme, qui prend toûjours plaisir de voir ses sentiments autorisez par la raison, & pour la conviction entiere de ceux qui pourroient douter qu’on peut separer deux corps qui ont eu une si longue & si étroite liaison.

La Danse ne dira rien qui ne soit avantageux à la Musique, pour qui elle conservera toûjours beaucoup d’estime: elle tâchera seulement de monstrer son indépendance & ses avantages contre le Violon qui la vouloit assujettir; & quoy que les contestations qui naissent (p.172) sur le sujet des rangs & des préseances soient toûjours aigres, l’on ne verra rien dans ce discours qui porte ce caractere.

La Musique & tous les instrumens dont elle se sert pour composer l’harmonie qui luy a donné tant d’estime & de reputation dans toutes les Nations policées, ont tiré leur origine des sons naturels, qui dans l’enfance du monde & par un consentement universel ont esté jugez agreables, soit qu’en effet ces sons eussent quelque proportion avec l’harmonie de nostre ame, ou qu’ils eussent seulement la faculté de flater agreablement nos oreilles, comme les belles couleurs flatent nos yeux; ainsi l’on ne peut pas contester que tous les instrumens de Musique ne soient inventez pour le plaisir de l’ouïe seulement. Et en effet, si nous consultons le goust & l’attouchement, ils nous diront qu’ils n’y trouvent rien de savoureux ny de doux; & la veuë qui se mesle de controller tout ce qui touche les autres sens, dira qu’elle n’y void rien qui ne la choque, & l’on sçait bien que de quelques ornemens qu’on pare les Violons dans les assemblées, on les trouve toûjours plus beaux quand on ne les void pas.

La Danse au contraire n’a rien que l’oreille puisse entendre, son premier employ dans la plus obscure antiquité fut de faire voir par des signes & par des mouvemens du corps les secrets sentimens de l’ame, afin de perfectionner cette expression generale que la nature avoit enseignée à tous les hommes pour se faire entendre par signes aux lieux où leur langage n’estoit pas connu. A quoy plusieurs reüssirent si bien en recherchant & en imitant par leurs gestes & par leurs visages, les caracteres de tous les desirs & de toutes les passions, qu’un auteur celebre a dit qu’on entendoit mieux leurs signes que leurs paroles. Sortant de cet employ general qui fut rendu inutile par la connoissance des langues, elle se fixa à l’expression de la joye & de la tristesse seulement, & devint une partie de la religion des Grecs, qui luy associerent alors la Musique, & qui en l’exprimant par un nom equivoqué avec l’assemblage de ses parties donnerent sujet à la confusion qu’on y a depuis voulu mettre. Elle ne s’arresta pas long-temps à cette destination particuliere, elle fut deslors employée aux exercices de la guerre, & des Nations entieres la receurent pour la marche ordinaire de leur milice. Un grand Capitaine Athenien qui n’estoit pas trop galand, luy a rendu ce témoignage qu’elle estoit tres-propre pour former les hommes aux exercices militaires. Et les Romains qui parmy leur galanteries méloient toûjours quelque combat de gladiateurs, n’ont pas fait de difficulté de la recevoir parmy les divertissemens utiles à la Republique.

La France la reconnoist depuis long-temps pour le commencement necessaire de tous les beaux exercices; c’est elle qui corrige les défauts naturels du corps & qui en change les mauvaises habitudes; c’est elle qui luy donne cet air aisé & cette grace qui répandent tant d’agréement dans toutes ses actions; c’est elle qui enseigne à ceux qui la cultivent, l’art d’entrer agreablement dans les compagnies, & d’y gagner cette premiere & promte approbation qui fait quelquefois leur fortune, & toûjours leur joye avec celle des spectateurs; (p.173) c’est elle qui leur apprend à se déméler avec bienseance & sans desordre, des lieux les plus embarrassez; c’est elle qui leur facilite l’exercice de monter à cheval & celuy de faire des armes; c’est elle qui les rend plus propres à servir leur Prince dans les batailles, & à luy plaire dans les divertissemens.

Le Violon n’entre pour rien en toutes ces choses, & s’il est quelquefois meslé avec la danse, il faut qu’il avoüe que ce n’est que dans la partie qui regarde le plaisir seulement; & encore ne peut-il pas nier que cet avantage ne luy soit commun avec tous les autres instrumens de Musique. Il ne peut pas aussi desavoüer qu’il ne soit absolument inutile à ceux qui apprennent à Danser, qui ne sçauroient suivre la cadence du Violon sans avoir auparavant appris à faire les pas, à porter leur corps & à former les figures necessaires: De sorte qu’on peut dire avec verité que le Violon n’est à la Danse, que ce que les Tambours & les Trompettes sont à la guerre: car comme ces derniers animent les combattans par des sons accommodez à la rapidité & à la ferocité de l’action, & qu’ils ne leur monstrent point en quelle figure ny de quelle maniere ils doivent combattre, pour ce que cet ordre regarde de plus nobles Officiers; le Violon ne fait autre chose qu’animer les Danseurs, qui demeureroient immobiles à tous ses mouvemens s’ils n’avoient auparavant appris de leur Maistres, ce qu’ils doivent faire tandis que les Violons joüent. Et comme il paroistroit sans doute ridicule que les Tambours & les Trompettes se voulussent attribuer quelque superiorité sur les Aydes de camp & sur les Sergens de bataille, pour avoir sonné l’attaque ou la retraite, lors que ces illustres Oficiers faisoient battre ou retirer les troupes; il faut avoüer qu’il y a eu quelque chose d’etrange en la pensée que les Violons ont eu de s’eriger en Rois & en Maistres de la Danse, pour avoir sonné tandis que par des mouvements étudiez, par des pas concertez, par des figures reglées, & par mille & mille démarches éloquentes, la Danse tâchoit de faire parler des muets aux yeux des spectateurs, & de representer des histoires, où sans prologue, sans recit, & sans aucun secours de la voix elle fait connoistre la nature, la condition, l’estat & la passion des personnes qu’elles represente.

Que s’il falloit encore comparer l’utilité du Violon avec celle de la Danse, il ne seroit pas difficile de faire voir que tout l’avantage est du costé de la derniere, puis que le Violon ne produit qu’un son agreable à la verité, mais qui se perd en l’air aprés avoir un peu flaté l’oreille, sans laisser aucune impression utile de son harmonie, au corps, ny à l’esprit, au lieu que la Danse outre les agréements qu’elle employe au divertissement des yeux, forme encore en ceux qui la pratiquent, & laisse dans l’esprit de ceux qui la voyent, des impressions de bien-seance & de démeslement qui peuvent estre de quelque avantage à la Nation, soit pour la politesse ou pour la facilité des exercices militaires.

Que s’il falloit parler des qualitez necessaires aux personnes qui Dansent & à celles qui joüent du Violon, il ne seroit pas difficule de faire voir que les Danseurs ont tout l’avantage, car ils doivent estre bien faits du corps, & l’on sçait qu’une formation heureuse & agreable est quasi toûjours une marque de la bonté de l’ame, ils doivent estre naturellement adroits (p.174) & débarrasez, ils doivent avoir le corps & l’esprit souples, & ils ne sçauroient s’introduire chez les personnes de condition, sans avoir ou sans contracter des teintures d’onnesteté & de courtoisie, qui supposent presque toûjours une honneste naissance, ou du moins une bonne éducation.

Les joüeurs de Violon n’ont pas besoin de tout cela, ils peuvent estre boiteux, aveugles & bossus, sans que personne s’en scandalise, il ne leur faut que l’oreille & les bras pour bien joüer; & quoy que la plupart de ceux qui sont aujourd’huy dans les charges soient fort bien faits, & honnestes gens, ils avoüeront sans doute qu’ils pourroient avoir moins de mine & moins d’honnesteté, & ne laisser pas d’estre de fort bons Violons.

Mais pour finir par le plus grand avantage que la Danse ait jamais remporté sur le Violon, elle dira que le Roy qui n’a negligé aucune des belles connoissances qui peuvent compatir avec la Majesté Royale, n’a pas dédaigné d’employer cette merveilleuse adresse qu’il a receuë du Ciel pour tous les beaux exercices, à celuy de la Danse qu’il sçait en perfection, & qu’il a bien voulu estre Protecteur de son Academie, & luy donner pour Vice-Protecteur, Monsieur le Comte de Saint-Aignan, qu’on sçait estre un des plus spirituels & des plus galans hommes de sa Cour.

Letters Patent of the King for the Establishment of a Royal Academy of Dance in the City of Paris. Verified in Parliament on March 30, 1662

LOUIS BY THE GRACE OF GOD KING OF FRANCE AND OF NAVARRE, welcomes all those present and to come. Although the Art of the Dance has always been recognized as one of the most honorable and necessary for forming the body, and giving it the first and most natural dispositions for all sorts of exercises, and among others for the exercise of arms, and consequently has been considered one of the most advantageous and useful for our Nobility, and for others who have the honor of approaching us, not only in wartime in our armies, but even in peacetime in our Ballets: Nevertheless, during the disorders and confusion of the last wars1 there have been introduced into the said Art, as into all the others, such a great number of abuses as has almost brought them to their irreparable ruin, that several people, as ignorant and unskilled as they were in this Art of the Dance, have managed to show it publicly; so that it is astonishing that the small number of those capable of teaching it have through their application so long resisted the essential faults with which the infinite number of ignorant people, in the person of most of Upper Society, have tried to disfigure and corrupt dance: Which brings about that we see few people among our Court and entourage who are able and capable of entering directly into our Ballets, and other similar Dance diversions, despite the fact that we would have called upon them. Since this does call for action, and since we do desire to reestablish the said Art in its first (p.175) perfection, and embellish it as much as possible. We have judged apropos to establish in our good city of Paris a Royal Academy of Dance, on the model of those of Painting and Sculpture, composed of thirteen Adepts (Anciens) and those most experienced in the practice of the said Art, so that they may in any place of their choosing in the said city, pursue the exercise of all sorts of Dance following the Statutes and rules that we have listed as twelve principle articles. FOR THESE REASONS, and for other good considerations that have moved us, we have by these presents signed with our hand, and with our full power and Royal authority said, decreed, and ordered, let us say, we say, decree, and order, want and it pleases us that, a Royal Academy of Dance be without cease established in our said city of Paris, that we have thirteen of the most experienced in the said Art, and whose skill and capacity is known to us through our experience of them in our Ballets, where we have done them the honor of calling them these several years, to wit François Galland of the Desert, the Ordinary Dancing Master of the Queen our very dear Wife, Jean Renauld Ordinary Master of our very dear and only brother the Duke of Orleans, Thomas le Vacher, Hilaire d’Olivet, Jean and Guillaume Reynal, brothers, Guillaume Queru, Nicolas de l’Orge, Jean François Piquet, Jean Grigny, Florent Galland Desert, and Guillaume Renauld; who will assemble once a month, in such house as will be chosen by them and taken at common cost to confer amongst themselves about Dancing, to plan and deliberate upon the means of perfecting it and correcting the abuses and faults that can have or may yet still pervade it; they will maintain and run the said Academy following and conforming to the said Statutes and Rules attached here under the seal of our Chancellery: which we want to be kept and observed following their form and tenor: Expressly forbidding all persons of whatever high quality they may be to countervene the efforts herein contained, and further efforts that may come to pass. We want the above named and others who will compose the said Academy to enjoy the right of Committimus2 in the same manner as does the Academy of Painting and Sculpture, in all personal, possessive, hypothecary, or mixed causes, as much in pleading as in defending before the Maistres des Requetes ordinaires of our Hotel, or the Requestes of the Paris Palace, they may choose, just as do the Commensal Officers of our House, and be discharged of all Taxes and Guardianship as well as of any Patrol or Watch. We want the said Art of the Dance to remain for ever exempt of any Letters of Mastery, and if by chance or in any other possible manner, there had been or were to be any such Letters of Mastery, we presently revoke them and declare them null and void and expressly forbid those who will have obtained them from using them under threat of fifteen hundred livres fine and damages and interest, payable to the said Academy. AND WE HEREBY MANDATE our loyal Parliament of Paris that they have these letters read, published, and registered and instate the said Desert, Renauld, and others of the said Royal Academy through this content in their functions, ceasing and making to cease all troubles and contrary hindrances: FOR THAT IS OUR (p.176) PLEASURE. And so that this might be firm and stable for all time, we have affixed our seal to these present documents, which is our right. DELIVERED in Paris in the month of March this 1661 and the 19th year of our reign. Signed LOUYS, and on the reverse by the King, DE GUENEGAUD, to serve as Letters for the establishment of a Royal Academy of Dancing.

Visa, SEGUIER

Registered, heard, and the King’s Public Prosecutor consenting to this, the intent and content of these letters is put into effect by Certificate of Verification on this day in Paris, in Parliament, March 30, 1662. DU TILLET.

STATUTES THAT HIS MAJESTY WANTS & INTENDS TO BE OBSERVED IN THE ROYAL ACADEMY OF DANCE THAT HE WISHES TO SEE ESTABLISHED IN THE CITY & ENVIRONS OF PARIS, IN IMITATION OF THE ACADEMIES OF PAINTING & SCULPTURE

FIRSTLY, the said Academy will be composed of the oldest and most experienced of Dancing Masters, the most expert in Dance, in the number of thirteen, to wit François Galland Sieur du Desert, Master Ordinary of Dancing to the Queen, Jean Renauld Dancing Master of Monsieur the King’s Brother, Thomas le Vacher, Hilaire d’Olivet, Guillaume Queru, Jean and Guillaume Reynal, Nicolas de l’Orge, Jean François Piquet, Jean Grigny, Florent Galland Desert, and Guillaume Renauld.

II

The said thirteen Ancients will meet once a month at a place or house that will be chosen by them and taken at common cost, to confer amongst themselves on the state of Dance, to take council and deliberate on the means for perfecting it, and to correct the abuses that can have been introduced or that could be introduced.

III

Two of the said Ancients will be chosen in turn to meet on every Saturday with other Dancing Masters, or with others who may want to teach Dance, in order to instruct them on the manner to Dance, and to show them the old and the new Dances, that will have been or will be invented by the thirteen Ancients; so that those who desire instruction can learn how to demonstrate and to avoid the abuses and the bad habits that they may have contracted.

IV

All sorts of persons of whatever quality or high condition they may be, Masters, sons of Masters, and others, will come to said place and will be received there to receive (p.177) instruction in these things, and learn them from the mouth of the Ancients and by their instruction given to the other Masters of the said Art.

V

The other Ancients of the named thirteen can also be present in said place or hall, with the said Deputies, on the said day, to give their opinion on what will be presented there, and the instruction and teaching touching the said Dances, even if they are not called upon to be there that week.

VI

The other Masters teaching Dance in the said village and environs of Paris can aspire to be among the number of Ancients and Academicians and to be received in the said Academy, if they are judged by the Ancients in a majority vote to be worthy and capable. The candidates will have to demonstrate the exercise of all sorts of Dances, old and new, as well as steps from Ballets, on a day set aside for such auditions. They will pay the sum of 150 livres if they are sons of Masters, and 300 livres if they are other, which sums will be applied to the ornaments, and common expenditures of the said Academy.

VII

All those who want to call themselves Dancers in the said city and environs will have to register their names and addresses on a register that will be held by the Academicians. If they do not, they will forgo any privilege in the said Academy, never to join the ranks of the said Ancients and Academicians.

VIII

Those of the said Ancients, and others who Dance, who will have or want to invent and compose a new Dance will not be able to show it unless it has been previously viewed and examined by the said Ancients and approved by them in a majority vote when they are assembled on days set aside for such deliberation.

IX

The deliberations undertaken concerning the affairs of Dance by the said Ancients convened as specified above, will be carried out according to the form and tenor indicated by the said Ancients and by others who make Dance their profession and aspire to join the Academy, with the disciplinary actions mentioned and 50 livres of fine for any breach of these rules.

X

The said Ancient Academicians and their children will be able to show and teach all kinds of Dances in the city and its environs and elsewhere throughout the realm, without being (p.178) constrained or obliged under any pretext to acquire Letters of Mastery nor any other authority beyond what is conferred upon them by the said Academy, in the manner and the forms indicated here.

XI

Since the King needs persons capable of participating and Dancing in his Ballets and similar divertissements, when his Majesty honors the said Academy with notice, the Ancients will be expected to furnish incessantly from amongst themselves or others the number of dancers needed by his Majesty.

XII

The common affairs of the said Academy will be pursued, maintained, and defended by the said Academicians, at their common expense whose fund will be earned between themselves, and they will decide on all necessary measures in a majority vote when they are assembled to that purpose as described.

Registered

Registered, heard, and the King’s Public Prosecutor consenting to this, it will be executed according to form and tenor, following the Certificate of Verification on this day, at Paris in Parliament, March 30, 1662. DU TILLET.

DELIBERATION OF THE ROYAL ACADEMY OF DANCE, CONTAINING THE RECEPTION OF SIEUR BERNARD DE MANTHE IN THE PLACE OF THE LATE SIEUR LE VACHER, AND THE ARRANGEMENTS OF RANKS AND MEETINGS OF THE ACADEMICIANS, OF APRIL 16, 1662

Assembled in the Academy Sirs François Galand sieur du Desert, Dancing Master to the Queen, Jean Renauld Dancing Master of the King, in reversion of Monsieur Prevost, and Dancing Master of Monsieur, the King’s brother, Guillaume Queru, Hilaire d’Olivet, Bernard de Manthe, Jean Reynal, Nicolas de l’Orge, Guillaume Renauld, Jean Piquet, Florent Galand du Desert, Jean de Grigny, and Guillaume Reynal, Dancing Master of Monseigneur the Dauphin.

It has been represented by the Sieur du Desert that the Sieur le Vacher named above by the King to fill one of the Academy’s places, being dead, and there being a need to choose someone capable to replace him, as will please the King; he believes that the Company could not make a better choice than that of Sieur Bernard de Manthe who has the service and qualities required for that, and asked the company to deliberate on it.

UPON WHICH, the said Sieur de Manthe having left the room, it was resolved in a common voice that he would be received, and returning thereafter, he took the oath (p.179) required in this case, to observe the statutes and orders of the Academy, and he took his place.

And since it had also been proposed to arrange the rank of the Academicians, so that no contestation might ever arise among them, and so that they might maintain the unity and understanding they need for their Academy to grow and flourish. It was resolved that in all of the Acts and Assemblies of general and particular nature, in Contracts and Deliberations, the said Academicians would be seated in the order that their names are written in the present Deliberation, without ever allowing that order to be changed for whatever cause or occasion might arise, and those that follow will claim no priority other than the order of their reception.

Decree of the Parliament of Paris, that dismisses the opposition of the Master Violinists to the registration of the Letters for the establishment of the Academy of Dance.3

EXCERPT OF THE REGISTERS OF PARLIAMENT

Enter Guillaume Dumanoir, Ordinary Violinist of the King, and consorts, petitioning on two Requests presented to the Court the first and fourth of last April; the first request relative to their being received as opposing the registration of Letters of Mastery of Dancing and establishment of the Academy of Dance obtained by its defenders named hereafter; the second, that if the Letters received a Decree of Verification that the opposition would be granted audience on the first day. Nevertheless, the opponents are prohibited from disobeying the said Statutes and from participating in the Art and Mastery of Dance: they are prohibited from forming any Academy, from playing instruments except by conditions imposed by the Statutes on pain of separation from their instruments and imprisonment. As for the second request it was decided that they be received as opposing the execution of the Decree of last 30th March. Furthermore, definitive prohibition was established against the opponents to interfere with the said Academy. It was ordered that the Statutes and Decrees about registering musicians be executed according to its form and tenor. The defenders may not alter them, as in François Galland Sieur du Desert, Jean Renauld, Jean and Guillaume Reynal, Jean and François Piquet and consorts, Dancing Masters, defenders irrespective of their rank. After Isalis on the part of Galand and his consorts, requested the reception of appointment in presence of Ravier, the Lawyer of the Petitioners: Bignon for the King’s attorney general, THE COURT orders that the appointment will be received: this was done over the requests and opposition of the said Dumanoir and his consorts, who were put out of the court and out of trial, in Parliament August 30, 1662. DU TILLET.

Collated from the originals, by myself the King’s general secretary, House of the Crown of France and of its Finances.

(p.180) ESTABLISHMENT OF THE ROYAL ACADEMY OF DANCE IN THE CITY OF PARIS WITH AN ACADEMIC DISCOURSE to prove that the Dance in its noblest part does not need Musical instruments and that it is entirely independent of the Violin.

It was difficult to imagine that Dance and instruments, having lived for centuries in good understanding, should come to a parting of the ways in our time when both are in their perfection. It had been believed that their society was modeled on that of harmony and the movement of the firmament, and that it would last as long as the world. Dance protests that it had nothing to do with their discord, that it was always ready to follow their movements as long as they were able to accommodate the movements of dance to conserve that equality that constitutes and maintains societies. But when the Violin, swelling with pride at having been admitted into the private domain of the greatest of Kings and at having seen itself favorably received in all of his divertissements, gave itself an unwonted superiority that not even the Luth or any other instrument had ever wielded over Dance, Dance thought it should oppose that innovation and let its independence from music be known. Dance succeeded so well in this that the King, to whom Providence has given – with a thousand other royal qualities – an admirable discernment, found it just to establish an Academy of Dance where music and instruments have no place. In such a way, it will be seen that, although for his amusement Dance and the Violin came together frequently, they are no longer mutually indistinguishable, and that there is no reason to confuse them with one another.

And although the judgement of the most enlightened and absolute of all Kings should suffice to assure Dance that all reasonable people will henceforth consider it as independent of Musical instruments and as a body that can easily subsist without their harmonious animation, Dance wants to justify this truth by a little discourse for the satisfaction of his Majesty himself, who is always pleased to see his feelings seconded by reason, and for the entire conviction of those who could doubt the separation of these two bodies that have had such a long and close union.

Dance will say nothing disadvantageous about Music for whom it will always have much esteem. Dance will just try to show its independence and its advantages over the Violin that wanted to subjugate it. And although contestations that are animated by rank and precedence are always bitter, nothing in this discourse will be of that character.

Music and all of the instruments that it uses to compose the harmony that has accrued such esteem and reputation in all civilized Nations, were born of natural sounds which, in the world’s childhood and by a universal consent, were judged pleasant, either because these sounds had some proportion with the harmony of our soul or because they had the ability to flatter our ears as beautiful colors flatter our eyes. So one cannot contest that all musical instruments were invented for the pleasure of the ear alone. And, indeed, if we consult taste or touch, they will tell us that Music has nothing odorific or soft. And vision, (p.181) which concerns itself with all the other senses, says it sees nothing shocking in this because we know that although Violins be adorned with ornaments in assemblies, one finds them more beautiful when they are unseen.

Dance, on the contrary, has nothing that the ear can hear. Its first use in the most ancient antiquity was to make visible the secret feelings of the soul by signs and bodily movements, in order to perfect that general expression that nature had taught to all men so that they might be understood by signs wherever their language was not understood. Some people did this so well by finding gestures and facial expressions imitating the characters of all desires and of all passions, that a famous Author said that their signs were better understood than their words. After that general use, having become less important as the knowledge of languages grew, Dance became associated with the expression of joy and of sadness alone, and it became part of the religion of the Greeks who then set it to Music. The Greeks called it by an equivocal name [chorea] that confused it with its other parts and created confusion that some still entertain. Dance was subsequently used in war exercises and entire Nations used dance as a military march. A great Athenian captain who was not too gallant stated that Dance was very proper for creating military exercise. And the Romans, who always included gladiatorial combat among there amusements, didn’t fail to receive dance among the useful diversions of the Republic.

France has long recognized Dance as the necessary origin of all beautiful exercises. It is Dance that corrects the natural defects of the body and changes its bad habits; it is Dance that gives that comfortable air and that grace that fills actions with loveliness. Dance teaches those who frequent company to enter and cultivate it pleasantly and acquires for them that prompt approbation that sometimes earns them their fortune, and always their joy with the joy of the spectators. Dance teaches them to handle matters with seemliness and without disorder and to extract themselves from the most embarrassing places. Dance helps one to ride horseback and carry arms. It renders one more skilled at serving one’s Prince in battle, and pleasing him in divertissements.

The Violin has nothing to do with all of these things and if it is occasionally mixed in with the Dance, it still must admit that this occurs only in what concerns pleasure, and that this advantage is enjoyed by all other Musical instruments. The Violin cannot deny that it is useless to all those who learn to Dance: they could not follow the Violin’s cadences before having learned how to do the steps, to carry their bodies, and to form the necessary figures. So that one can say that the Violin is to the Dance what Drums and Trumpets are to war. For as the latter animate the combatants with sounds appropriate to the rapidity and ferocity of action but do not show what figure to assume or how to fight – because that function belongs to more noble Officers – so the Violin only animates Dancers who would remain immobile in response to its movements if they hadn’t learned from their masters what to do while the Violins played. And just as it would appear ridiculous for (p.182) Drums and Trumpets to attribute some superiority to themselves over and above the Aides-de-camp and the Sergeants of battle for having sounded the attack or the retreat when these illustrious Officers caused the troops to advance or withdraw, so one must admit that there would be something strange in the thought that Violins have had to set themselves up as Kings and Masters of the Dance. They have only played while the Dance has tried to make mute people speak to the spectators through studied movements, concerted steps, regulated figures, and thousands and thousands of eloquent ways of moving. And Dance has told stories where, without a prologue, without a récit, and without any help from the voice it makes known the condition, the state, and the passions of those it represents.

If we had further to compare the usefulness of the Violin with that of Dance, it would not be difficult to show that all of the advantages are on the side of the latter, since the Violin only produces a pleasant sound in truth, but which sound is lost on the air after having briefly flattered the ears, without leaving any useful impression of its harmony for the body or the spirit, while the Dance, besides the pleasures it accrues in divertissements for the eyes, forms impressions of decorum and resourcefulness in those who practice it and in the minds of those who see it: these impressions can be of some use to the Nation, either for its politeness or for its facility in military exercises.

And if we had to speak of qualities necessary to those who Dance and to those who play the Violin, it would not be difficult to show that the Dancers have all the advantages. They must be well formed in body, and one knows that a good and agreeable physical formation is almost always a sure sign of the goodness of the soul; they must be naturally adroit and quick, they must have supple bodies and minds, and they would not be able to join persons of quality without contracting some honesty and courtesy, which almost always betrays a high birth or, at least, a good education.

Violin players don’t need all that. They can be lame, blind, and hunchbacked without anyone bothering about it. They only need an ear and arms to play. And although most Violinists today look good and are honest people, they will admit that if they were less becoming and less upstanding, they would still be very good Violinists.

But to conclude with the greatest advantage Dance ever won over the Violin, Dance will say that the King, who has not neglected any of the beautiful practices that can grace his Royal Majesty, has not disdained to employ his marvelous address, received from heaven for all beautiful exercises, in dancing, which he knows to perfection, and that he himself is the Protector of his Academy. He gives as a Vice-Protector, Monsieur le Comte de Saint-Aignan, whom one knows to be one of the most witty and gallant men of his Court.

Notes:

(1.) France entered the Thirty Years’ War overtly in 1635. After the Peace of Westphalia in 1648, hostilities with Spain continued until 1659. At the time of Louis’s personal accession to power, France had experienced twenty-four years of armed conflict externally, and the return of the disorders of the Frondes were a real possibility.

(2.) The privilege of committimus, according to Furetière, makes those protected by the king free agents before the law and allows them to represent their own interest personally before the king’s Masters of Requests.

(3.) The case against the Academy is documented in Guillaume du Manoir, Le Mariage de la musique avec la danse. The violin was the instrument most closely associated with dancing in the seventeenth century. Furetière calls it “le Roy des instruments” (“the King of instruments”) because it has “plus d’effet sur l’esprit que tous les autres instruments” (“more effect on the mind than all other instruments”). Therefore, the violin is “le plus propre à faire danser” (“the most apt for making people dance”). Similarly, de Pure writes that the violin is the only instrument “qui soit capable du mouvement François” (“that is capable of French movement”). See Idées des spectacles anciens et nouveaux, p. 195.