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The Regionalist Movement in France 1890-1914Jean Charles-Brun and French Political Thought$

Julian Wright

Print publication date: 2003

Print ISBN-13: 9780199264889

Published to Oxford Scholarship Online: January 2010

DOI: 10.1093/acprof:oso/9780199264889.001.0001

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(p.260) Appendix II Charles-Brun Resigns From the FÉLibrige

(p.260) Appendix II Charles-Brun Resigns From the FÉLibrige

Source:
The Regionalist Movement in France 1890-1914
Publisher:
Oxford University Press

Transcription of a letter, probably to Frédéric Amouretti, in the Maurras Papers (Archives Nationales 576 AP 169)

dimanche

Mon cher ami,

Je vous écris en français suivant la théorie des nuances. Vous ne m’accuserez pas de prendre une décision à la légère, sous le coup d’une vive émotion: j’ai voulu laisser passer tout un jour sur la violente explication que nous avons eus vendredi soir. À ne vous rien cacher, je trouve l’histoire très bête et microcosmique d’un félibrige mal compris; je pense donc que toute solution sera bête aussi. Je m’arrête à celle qui est la moins invraisemblable. J’écris à M. Bonnaud, doyen des viceprésidents, présent à Paris, pour lui envoyer ma démission. J’explique que l’amitié avec laquelle on m’a accueilli m’empêche de rester plus longtemps dans une société où ma présence animerai peut-être des [word illegible]. J’écris en même temps à Ronjat pour lui faire part de ma décision. Je vous prie de croire que, si j’ai un peu de l’influence que vous me prêtez gratuitement sur quelques membres de l’École, j’en userai pour qu’il ne soit plus question du moins que mon départ passe inaperçu.

N’essayez pas de me faire revenir sur ma décision. Je sais qu’elle me coûte, à un moment où nous allions peut-être faire, à l’approche des élections, quelque chose d’un peu pratique. Vous avouerez que vous m’y avez [word illegible]. Car si vous, qui êtes un homme dévoué à la Cause et intelligent, vous allez jusqu’à m’accuser d’avoir été un élément diviseur, vous devez être enchanté de mon départ.

Je n’écris pas à Maurras. Il est inutile de lui récrire tout ceci; permettez-moi de vous le dire, votre entente était assez manifeste pour que je n’ais pas à m’expliquer deux fois. J’imagine qu’il sera satisfait. S’il avait espéré me convertir, c’est un espoir très vain. Restez, à l’École, inconverti, c’était accepter mon situation fausse. Je sors doucement, sans bruit, de la maison où j’avais été invité. Dites-lui que j’estime Mistral poête, et ne crois le droit de juger caduque une organisation qu’il a créée, ce qui me semble avoir fait son temps; que j’estime le Mistral théoricien de Calendal, et ne crois le droit de développer à l’heure actuelle les théories que je juge, alors, avoir été les siennes. Et dites-lui surtout,—car enfin vous me faites tomber dans le plaidoyer —, que rien ne pourrait mieux m’enfoncer dans la haine de l’organisation actuelle que ce qui arrive entre nous.

Je vais tâcher, avec [?] Bolot, pour qu’il n’y ait pas d’interruption, de tirer encore les Bulletins mardi. Jeudi, je ferais porter à l’École l’appareil, le papier, une liste (p.261) complète des journaux adhérents. J’espère que chacun y mettra du sien. Pour moi, tous séparé que je suis de l’École, je m’offre à recevoire rue Rollin les journaux tant qu’on le voudra (pour éviter que le Procope n’en perde et qu’un changement ne trouble les journaux adhérents), et à les envoyer à l’École jeudi.

Adieu, mon cher ami, et croyez-moi très à vous

J. Charles-Brun